Suisse / Allemagne / Autriche / 1986 / 2:07:00 / N & B / vostf
Genre : Fiction
Avec Gabriel Barylli, Nicolas Brieger, Hubert Mann, Liliana Nelska, Claudia Messner, Karlheinz Hackl, Joachim Kemmer
Décor : Fritz Hollergschwandtner
Montage : Ulrike Pahl, Claudia Rieneck
Musique : Hans Georg Koch
Scénariste : Axel Corti, Georg Stefan Troller
Son : Rolf Schmidt-Gentner, Herbert Giesser
Technique : Prise de vue réelle
Images : Otto Kirchhoff, Gernot Roll
Source : Le Pacte
Tous publicsVersion remasterisée
En 1945, à Vienne, la guerre est terminée. Freddy Wolff et Georges Adler, émigrés aux États-Unis mais d’origine autrichienne et allemande, sont devenus soldats de l’armée américaine. Vienne est en ruines et divisée en quatre zones, le marché noir y règne en maître. L’Autriche se présente comme une victime innocente du nazisme et refuse d’en prendre conscience. Les gens s’adaptent tant bien que mal au système sauf Freddy qui refuse l’hypocrisie générale et souffre malgré tout de son amour pour la jeune actrice Claudia.Lorsque cette fresque, qui évitera tout du long l’écueil du pathos, prend fin, ce qui nous a été donné à voir prend tout son sens : un chef d’oeuvre, bouleversant de vérité et de complexité.Carte blanche Patric Chiha, Festival Travelling 2018 :"Welcome in Vienna est un film romanesque, humaniste et profondément émouvant. Sa beauté, sa luminosité, voire sa sensualité, ne l'empêche pas de nous montrer l'atrocité et le désespoir des heures les plus sombres de l'Histoire autrichienne. En cela, il nous montre aussi un autre chemin que le cinéma autrichien aurait pu prendre, un chemin où la beauté peut donner accès à la vérité."
Critique : Troisième volet d’une trilogie intitulée Vienne pour mémoire, ce film est l’un des premiers à confronter les Autrichiens à leur passé récent. Axel Corti décrit avec pudeur et lucidité les états d’âme de jeunes Autrichiens qui ont quitté leur pays pour fuir le nazisme et d’une de leurs compatriotes qui tente de renier son père nazi. Faut-il rester dans un pays à reconstruire, toujours embrumé par le nazisme, ou repartir vers les États-Unis? Doit-on transiger avec d’anciens nazis, s’adapter à l’atmosphère de mensonge qui règne alors? Tissant entre les protagonistes des relations feutrées et complexes, évitant tout manichéisme, servi par une superbe photographie noir et blanc en parfait accord avec le malaise ambiant, Corti développe un propos capital : « Il ne faut pas refouler l’enfer dans l’inconscient. » Une oeuvre salutaire d’un cinéaste remarquable, décédé en décembre 1993, à l’âge de 60 ans.Gérard Camy, Télérama, 2010