• Votre courriel
    Votre mot de passe
Urba[Ciné]
Beyrouth au cinéma
Beyrouth au cinéma

Rétrospective Beyrouth au cinéma

Beyrouth, l’art de l’après-guerre

Par Mathieu Champalaune, Erwan Floch’lay et Nicolas Thévenin de la revue Répliques

Située au carrefour des continents et des cultures, établie sur la coexistence de différentes communautés religieuses et ethniques, Beyrouth a tout d’une ville fantasmatique, à l’image du Liban dont elle contient la moitié de la population, souvent agitée par des désirs d’ailleurs. Le cinéma d’auteur qui se fait l’écho de l’histoire du pays, de fait marqué par l’émigration, trouve son origine en 1957 avec Vers l'inconnu de Georges Nasser, réalisateur pionnier qui a formé plusieurs techniciens après avoir étudié aux États-Unis. Récit d’un départ pour le Brésil, qui s’apparente à une terre promise pour les habitants pauvres des montagnes, ce long métrage néo-réaliste est le premier film libanais sélectionné en compétition au Festival de Cannes, se distinguant de la production égyptienne qui occupe à l’époque la plupart des écrans nationaux. Quelques décennies plus tard, Jocelyne Saab portait elle aussi son regard vers l’extérieur, en rendant inlassablement compte par l’image de la violence qui pouvait secouer des populations et des combattants pris en étau par des conflits en cours. Née en 1948 à Beyrouth où elle a grandi avant d’étudier à Paris puis de devenir journaliste, reporter de guerre, photographe, elle a documenté également son espace natal, bâtissant un triptyque crucial sur Beyrouth, pensant et figurant la guerre civile au moment même de son déroulement (de 1975 à 1990) et conduisant à un moment de rupture dans l’histoire du cinéma libanais.

Des temps troublés de la guerre civile a en effet émergé une génération de cinéastes, nés dans les années 1970, qui expriment ce que les enfants ou adolescents qu’ils étaient alors ont vu et entendu durant cette période. Ainsi, dans Dans les champs de bataille, les combats constituent un continuel environnement sonore dans la vie d’une jeune fille qui accède au monde des adultes, et sa réalisatrice, Danielle Arbid, mêle depuis une vingtaine d’années l’intime au paysage de la guerre pour pénétrer les secrets qui lui ont échappé. Cette chronique de l’enfance et de la féminité au cœur du Liban est pareillement à l’œuvre dans le travail de Nadine Labaki, qui avec Caramel synthétise la société melting-pot du pays à travers le portrait de cinq femmes d’âges, de confessions et de milieux distincts. Wissam Charaf teinte pour sa part son long métrage Tombé du ciel d’absurde et de burlesque afin d’évoquer la difficulté à retrouver du sens dans le Liban d’après la guerre. Et c’est dans la convocation de formes artistiques plurielles et enchevêtrées, parfois expérimentales, que le couple formé par Joana Hadjithomas et Khalil Joreige trouve le moyen de traduire singulièrement une réalité complexe et de percer l’invisible, comme dans Je veux voir, où le regard de Catherine Deneuve est confronté à la migration des affects. De Beyrouth fantôme à Erased,_Ascent of the Invisible, Ghassan Salhab et Ghassan Halwani ont quant à eux notamment exploré le thème du retour, de l’oubli, de la disparition et de l’appartenance à un endroit, révélateur d’une génération qui questionne son identité et son passé en tentant aussi de combler des images manquantes.

Le cinéma libanais a également montré ces dernières années un autre aspect de Beyrouth, pas moins riche en mystères et en tabous : de la cartographie locale des lieux de rencontres sexuelles par Akram Zaatari dans Majnounak – Of Men, Sex and the City, à la description de ses milieux alternatifs dans One of These Days de Nadim Tabet, en passant par le portrait d’un groupe de jeunes hommes marginalisés dans Guardians of Time Lost de Diala Kashmar, quelques entrées nouvelles permettent de pénétrer dans cette ville qui semble indiscernable, toujours aux prises avec les enjeux géopolitiques d’une région-brasier, sous tension permanente, et soumise à des logiques économiques et sociétales parfois nébuleuses, illustrées dans Home Sweet Home de Nadine Naous ou Chacun sa bonne de Maher Abi Samra. Une mémoire fragmentée qui fait retour, toujours aussi vive, douloureuse et puissante pour les habitants de cette ville hantée n’altère néanmoins pas leur désir de vie bouillonnant, tout autant que ceux des personnages des films que nous pourrons parcourir le temps du festival. Si à Beyrouth, « faire la guerre est un art de vivre », comme l’écrivait Bernard Wallet, aimer, créer, lutter, raviver les souvenirs et en faire œuvre est un art encore plus puissant.

Retrouvez la grille horaire des films de la rétrospective Beyrouth au cinéma
Vous pouvez également retrouver l'ensemble des grilles horaires du festival

Festival Travelling sur

La newsletter Clair Obscur
Restez informés !

Contact

CLAIR OBSCUR
5 Rue de Lorraine

35000 Rennes
T. +33 (0)2 23 46 47 08
F. +33(0)2 23 46 39 47
Email

Partenaires

Ville de Rennes
Rennes Métropole
Conseil Départemental d'Ille-et-Vilaine
Conseil Régional de Bretagne
Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne
Université de Rennes 2
Inspection Académique d'Ille-et-Vilaine
Rectorat d'Académie
Direction Diocésène de l'Enseignement Catholique
Sacem
CROUS
Institut français du Liban
Fagots et Froment
Middle East Airlines
BNP Paribas-Banque de Bretagne / Partenaire de tous les cinémas
Pixels Video Services
Imprimeries Hauts de Vilaine
STAR
ESRA Bretagne
MAIF
A.P Location
Ibis Styles
Tout se loue
Breizh Cola
Alliance Froid Cuisine
Tuloup
A.COM
Thierry Bouvier
Cafés Coïc
Nomades Productions
Arwestud films
Cycles Guedard
ZANZAN
Collectif des festivals
Handicap 35
I Wheel Share
URAPEDA
La Maison des Citoyens de Rennes et sa métropole
CotaxiGO
Cinézik
Cinétek
Les Cahiers du cinéma
Télérama
Ouest France
France 3 Bretagne
TV Rennes 35
Canal B
Cinéscenes
Revue Répliques
Cine35.com
C-Lab
La Septième Obsession
Benshi
Film en Bretagne
Les Tombées de la Nuit
HF Bretagne
Salam
ATM
I'm From Rennes
Comptoir du Doc
Maison des associations / Espace exposition
Les Studios
Cinéville Bruz
La Maison du Livre
La Criée
Sciences Po Rennes
Rennes 2
La cinémathèque de Bretagne
L'Ubu
Warpzone
Technicolor
Cinéma l'Aurore
Cinéma Le Bretagne
Gaumont
Le cinéma du TNB
Arvor
Le Diapason – Université Rennes 1
Fonds Régional d'Art Contemporain Bretagne
Le Sévigné
Les Champs Libres
Musée des Beaux-Arts
Cinéma Le Foyer
Le Triskel
L'Espérance
CINEMA KORRIGAN
Salle Mosaïque - Centre culturel Tempo
Cinéma Le Club
Le Vauban 2
L'heure du jeu
CINEMA TI HANOK
Quai des images / Ville de Loudeac
Médiathèque L'Autre lieu
Médiathèque Alfred Jarry
Cinéma Arletty
Opéra de Rennes
La Péniche Spectacle
Galerie Le Carré d'Art - Centre Culturel Pôle Sud
La Belle Equipe - Cinéma associatif Argoat
Médiathèque Pré en Bulles

Plan du site     Mentions légales     Designed by diateam     powered by diasite